Sexisme ordinaire pour ados

Il y a quelques jours, j’ai accompagné une classe de 4ème en sortie scolaire. Au programme : art, culture, histoire, architecture… Une journée bien remplie ! Avec en bonus (non programmé) deux petites phrases bien senties pour alimenter chez nos ados en pleine effervescence hormonale et construction identitaire le sexisme ordinaire.

Sexisme ordinaire, leçon n°1

Nous visitons une splendide maison de maître accompagnés du maître de maison, pour en découvrir les secrets architecturaux. Nous observons un second bâtiment : une ancienne ferme, entièrement rénovée. Et là, notre hôte nous explique qu’ils ont conçu dans ce bâtiment « une salle de réception, pour des concerts, mais surtout pour des… ? pour des… ? Je pose la question aux demoiselles, là ça va vous intéresser. Alors, pour des… ? Des mariages ! Et oui, vous voyez, ce bâtiment est en forme de fer à cheval, donc ça porte bonheur, et donc les jeunes femmes rêvent de s’y marier ! »

Ah bon ? Alors comme ça, mes collégiennes elles ne s’intéressaient pas aux savants jeux de lumières et d’acoustique conçus par l’architecte ? Et là, une histoire de mariage ça va les intéresser ? Mais elles ont 13 ans ou 14 ans !!! Bref regard à mes ados, je confirme : elles n’en ont rien à cirer du mariage, et encore moins dans un fer à cheval. Ouf.

 

Sexisme ordinaire, leçon n°2

Nous voilà dans le musée consacré à notre plus célébrissime artiste régional. Nous sommes venus causer réalisme, couleurs, mouvement, histoire de l’art et histoire tout court.

Mais quand il s’agit de faire comprendre aux collégiens quelle est la colonne détruite pendant la Commune de Paris, voilà que notre guide s’adresse aux collégiennes : « Allez, vous allez trouver mesdemoiselles, cette colonne était sur la célèbre place parisienne où l’on trouve toutes les bijouteries. Mesdemoiselles, vous connaissez forcément ! » Ben non, mes collégiennes, elles ne connaissent pas la place Vendôme. Re-ouf.

 

Ouf, vraiment ?

Alors oui, mes collégiennes elles s’en contrefichent des mariages et des bijoux façon Vendôme, n’empêche qu’elles étaient quand même bien embêtées face à ces questions qui ne les concernaient pas. Parce que ce qu’elles ont compris (et les garçons aussi) c’est que les filles ont le devoir de s’intéresser au mariage et aux bijoux. C’est comme ça.

Bon, j’ai un petit décryptage à prévoir lors de mon prochain cours !

 

 

Restons vigilant-e-s

Sophie

 

Publicités