Pépèt’ et pétitions

Je m’interroge depuis quelques temps sur la pertinence et le nombre incalculable de pétitions que je reçois chaque semaine dans ma boîte mail (et que je signe parfois). Mais aujourd’hui, Change.org a basculé du côté obscur de la force :

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Change.org m’invite donc réfléchir à la prochaine pétition que je pourrais poster, en m’orientant vers un sujet d’actualité.
Ce n’est pas que le lancement de l’Euro 2016 et son omniprésence totalitaire dans les bars m’enchantent mais j’aimerais comprendre pourquoi Change.org me fait la promotion des bienfaits de la pétition comme s’ils me vendaient un soin bien-être. Certainement parce que je le vaux bien (balancement de cheveux vers l’épaule gauche).

Vous ne savez pas quoi faire de votre temps ?
Essayez-vous aux pétitions, c’est mieux que la télévision !
Made in France. Satisfait ou remboursé.

Blablacar et Airbnb ont déjà pris le pas en entraînant avec eux, doucement mais sûrement, l’économie collaborative vers la loi du marché.
Voici désormais venu le temps du marché des pétitions : allez, mesdames, un-e pe-ti-te pé-pèt’ contre les crot-tes de chiens ?! Une autre contre l’exploitation des enfants en Inde ?! 2 pour le prix d’1? Qui n’en veux ?

A trop cliquer-signer à tout va et lancer de pétitions, on est en train de s’engouffrer dans la mercantilisation d’un outil important pour la démocratie et de noyer ainsi des problématiques sociétales sérieuses dans un flot de revendications incessantes.

Bref, on y voit plus grand chose : tout se disperse, tout s’évapore.

Drôle de dérive et triste réalité.

Il est temps de nous recentrer.

Audrey

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